Yema Flygraf Pilot – Test et avis

Peu d’entre vous le savent, mais Yema est la marque de ma première montre. C’est un chrono qui m’a été offert par mon beau-père quand j’avais environ 10 ans. Elle ne fonctionne désormais plus, probablement à cause du manque d’entretien, et de son âge…

Yema a donc toujours eu une place dans mon coeur, et je suis très fier de pouvoir travailler avec la marque aujourd’hui. Quand on est passionné de montres comme je le suis, c’est très gratifiant de pouvoir, un jour, changer de place et devenir partenaire d’une marque qui a marqué notre vie.

Et du coup, j’ai beaucoup d’attentes… Une marque française, une marque qui annonce un certain niveau de qualité… Une marque qui est désormais très active sur les réseaux sociaux… Tout cela est très bien sur le papier, mais ça peut aussi se révéler inquiétant… Est-ce que cette omniprésence ne serait pas un moyen de vendre en grande quantité des produits de mauvaise qualité ?

Vous allez découvrir ici la Flygraf Pilot, une des dernières nées de Yema. Et attention, [SPOILER ALERT], Yema ne fait pas de la camelote, loin de là !

 

En bref : Yema Flygraf Pilot M2
Boitier (diamètre) 39mm
Boitier (épaisseur) 13mm
Boitier (matière) Acier 316L
Mouvement Yema MBP1000
Verre Saphir plat
Etanchéité 15ATM
Bracelet Tissus, boucle ardillon
Entrecorne 19mm
Cadran Gris, existe en noir
Luminescence Aiguilles et indexes
Complication(s)
Prix 690€

La marque

Comme je le dis en introduction, Yema est une marque française historique, qui a marqué l’histoire de l’horlogerie. Française oui, mais à quel point ? 

La marque est née en 1948 par l’idée de Henry Louis Belmont, qui sort major d’une grande école d’Horlogerie (l’Ecole Nationale d’Horlogerie de Besançon). 

Yema est donc lancée, et c’est en 1963 qu’elle frappe fort et que le succès arrive, puisque c’est la naissance de la Superman. C’est aujourd’hui encore une montre mythique, notamment grâce à son “stop-lunette”, qui permet de bloquer la rotation de la lunette. Aujourd’hui c’est une pièce qui est toujours fonctionnelle mais qui, il faut le dire, a surtout un rôle décoratif. Son étanchéité de 30ATM (300m) est aussi un argument de vente terrible, tout comme sa robustesse, qui lui vaut d’être choisie par l’Armée de l’Air française.

Suivent ensuite d’autres modèles historiques comme la Yachtingraf et la Rallygraf en 1966, puis la Spationaute qui va dans l’espace en 1985.

La marque investi aussi 3 millions d’euros pour développer son propre mouvement, le MBP 1000 qui équipe désormais ses montres, et notamment cette Flygraf. 

Yema est donc une marque qui a connu une réelle évolution, en étant toutefois un peu discrète, et sans faire le devant de toutes les boutiques horlogères, tout du moins pendant un temps. Aujourd’hui, il n’est pas rare d’en croiser, et tant mieux.

En 2020 sort la Flygraf Pilot et la Superman 63, ainsi qu’une réédition du modèle de l’Armée de l’Air, livrée en priorité aux militaires. 

 

La montre

Cette Flygraf Pilot appartient à la gamme “Aviateur Automatique”, qui reprend les codes horlogers typiques des montres “aviateur”.

C’est aussi une excellente toolwatch, c’est à dire une montre pensée pour être portée tous les jours. Ce type de montre doit avoir plusieurs caractéristiques : être confortable, être robuste, être lisible et être fiable. C’est le genre de montre qui risque de subir le quotidien, parfois mouvementé, de nos poignets.

Elle est déclinée en 2 couleurs, une à cadran noir (la M1), et une à cadran gris (la M2, la mienne).

La Flygraf a été conçue en collaboration avec Sammy Mason, le plus jeune pilote de la Redbull Air Race, une course d’avions très impressionnante qui mélange vitesse, précision, et voltige, surtout avec une bonne dose d’adrénaline.

En terme de design, elle mélange look d’aviation, et look militaire. Les clins d’oeil sont nombreux, on y revient ensuite. 

Ses caractéristiques sont très intéressantes, comme son mouvement automatique maison, son étanchéité de 30ATM, et diamètre de 39mm. 

Tout ceci à un prix, cette Flygraf est vendue à 690€.

 

Le boitier

Entrons dans le sujet. Ce boitier mesure 39mm de diamètre, 13mm d’épaisseur, l’entrecorne est de 19mm, l’acier est du 316L brossé, la couronne est vissée, et le verre est en saphir. 

Des caractéristiques très actuelles, d’autant plus que la tendance est aux montres plus compactes (on est longtemps resté sur des diamètres de 40-42mm).

Le rendu visuel du boitier est très séduisant, notamment grâce à son brossage, et à ses finitions exemplaires. L’alternance entre brossé et poli est agréable, et rend la montre discrète.

La couronne est large, se manipule sans aucune difficulté, et se loge entre deux petites excroissances qui permettent de ne pas l’accrocher. Elle est décorée du logo de la marque.

La lunette supérieure est elle-aussi brossée, et entièrement plate. Ce choix est intéressant et assez rare. Là où beaucoup de marques utilisent des reliefs parfois complexes, Yema a choisi la simplicité. C’est bien vu, et personnellement, cela me plait !

Son épaisseur de 13mm est plutôt impressionnante, surtout la première fois qu’on a la montre en main. Cela lui donne un aspect massif et robuste, qui, finalement, donne confiance.

Le fond est vissé, et décoré d’un joli blason qui porte le logo Yema. Il porte aussi les inscriptions d’étanchéité, d’origine, et le nom de la montre. Le tout est poli, sauf le centre de l’embossage du logo.

En terme de poids, cette montre est plutôt lourde pour sa taille, puisqu’elle atteint les 96 grammes. Cela ne fait pas d’elle un montre, mais pour son gabarit, et son aspect simple, c’est plutôt surprenant. Au poignet, rien à dire, ce poids ne s’avère en aucun cas gênant.

 

Le cadran

Cette Flyboy Pilot est une toolwatch. Une montre pensée pour être pratique au quotidien, lisible, et utile.

Son cadran reflète parfaitement cette idée, puisque tous les éléments sont présents pour une bonne utilisation, sans pour autant faire l’impasse sur une esthétique satisfaisante.

Le fond du cadran est gris foncé, et brossé dans le même sens que la lunette métallique. Il rappelle les fuselages des Boeing militaires américains des années 40. C’est une caractéristique qui se fait remarquer rapidement, même pour les plus néophytes.

Les aiguilles sont inspirées de celles des compteurs d’avion, et se placent parfaitement bien sur les indexes horaires, et minutes. Ces indexes sont d’ailleurs numériques et en petits bâtons.

La trotteuse est fine, et son extrémité rouge est plutôt sympathique. J’aurais aimé un rouge légèrement plus pétant, mais ça n’a pas d’importance.

On trouve le logo Yema à 12h, sur un disque plus bas que le reste du cadran. S’y logent aussi l’étanchéité, un picto d’avion, et la mention “Automatic”.

Ce qui est plutôt agréable, c’est la mention “France”, à 6h. Pas “Made in France”, mais bien France. En effet, elle sort de l’usine de Morteau, où elle a été assemblée et réglée.

Ce cadran est lisible, simple, épuré, et joli. Dommage qu’il n’y ait pas de dateur, mais ce n’est pas rédibitoire.

 

Au poignet

C’est un bracelet en nylon qui a été choisi pour cette Flygraf. Le rendu est convaincant, on s’approche d’un NATO retravaillé en 2 pièces, et plus soigné.

Ce tissus a été choisi car il est très résistant, et il ne subira probablement pas trop les projections d’eau…

Je regrette simplement la largeur de 19mm, qui compliquera (un peu) la recherche d’un bracelet de remplacement, si vous avez besoin ou envie de le changer. 18 ou 20mm aurait été plus simple. On trouvera tout de même un bracelet, mais le choix est moindre.

La boucle ardillon qui le ferme est gravée du logo Yema, et s’ajuste parfaitement dans toutes les perforations.

J’aime assez ce bracelet, mais je pense que (pour un modèle de ce niveau de gamme) il serait intéressant qu’elle soit livrée avec un second, en cuir. Cela permettrait de l’adapter aux soirées plus habillées, ou aux activités plus sportives.

Avec son gabarit plutôt compact, elle se loge très bien sur le poignet. Elle passe sans souci sous une manche de chemise, même un peu serrée. 

Le bracelet est suffisamment souple pour épouser les formes du poignet.

 

Le mouvement

Image Yema.com

Yema utilise son propre mouvement mécanique à remontage automatique. Il porte le nom “MBP 1000”.

La marque a investi plusieurs millions d’euros pour le développer, et c’est plutôt convaincant. Les premiers retours des experts sont très bons !

Il est développé et assemblé dans les ateliers de Morteau en France. Sa fréquence est de 28 800 alternances / heures et il offre une réserve de marche de 45 heures.

C’est donc un mouvement simple, efficace, qui saura animer les 3 aiguilles avec précision, avec un décalage raisonnable de +/- 6 à 12 secondes par jour.

Le rotor est monté sur roulements à bille, ce qui permet de réduire les frottements, tout comme les 31 rubis.

Je n’ai pas réalisé de mesure par moi-même (je n’ai pas de matériel adequat), mais il semble bien tenir l’heure. Le mouvement de la trotteuse est très fluide, comme sur tout mouvement mécanique.

 

 

Le packaging

Yema livre sa Flygraf Pilot dans une très belle pochette en cuir marron. 

L’étui est perforé, un peu comme le cuir des sièges d’avions de chasse, ou de voitures de course. Sa teinte est très jolie, elle rappelle un peu les sacs à main Louis Vuitton (sans le côté bling bling).

A l’intérieur, la montre prend place dans un logement à sa taille, et on l’attache avec deux élastiques (assez raides, d’ailleurs). Le tissus utilisé permet de bien protéger la montre, c’est très bien !

De l’autre côté, on trouve une carte en cuir qui porte le logo Yema, et les informations de garantie

C’est un packaging très réussi, utile, et qui pourra être réutilisé pour voyager. J’aime beaucoup, il me rappelle ceux des William L. 1985, dans un autre schéma de couleur.

 

Conclusion

J’étais un peu inquiet avant de recevoir cette Flygraf Pilot. Avec le temps et l’expérience, mon niveau d’exigence monte, et je suis de plus en plus difficile à convaincre…

Et j’admet sans souci être tout à fait convaincu ! C’est une excellente montre, robuste, qui est pratique de par sa lisibilité et son gabarit.

Son design est séduisant sans trop en faire, et il est plutôt mixte. Sur un poignet féminin, elle ne fait pas bizarre.

Le mouvement utilisé est apparemment une valeur sûre, et le bracelet est intéressant. Sans oublier le packaging, très bien choisi !

En somme, les 690€ nécessaires pour acheter cette montre sont, à mon avis, justifiés. C’est une toolwatch bien pensée, soignée, et agréable sous tous les points.

 

Acheter la Yema Flygraf Pilot ici (690€)

Les plus
  • Très fonctionnelle
  • Gabarit moderne, compact
  • Détails bien soignés
  • Bracelet intéressant
  • Packaging séduisant et utile
  • Mouvement de qualité, et “fait maison”

 

Les moins
  • Je pense qu’un dateur serait utile, pour compléter les fonctionnalités utiles que l’on attend d’une montre, au quotidien

 

 


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